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Ibn Taymiyyah est sans aucun doute l’un des savants qui a le plus marqué l’histoire de l’Islam. En effet, son nom résonne encore jusqu’à aujourd’hui comme un synonyme de l’étendue vaste des connaissances. Très tôt, il est apparu aux yeux des gens comme un jeune prodige. Ibn Taymiyyah maîtrisait les 4 écoles de la jurisprudence islamique. De plus, il a étudié les croyances déviantes de l’islam pour les réfuter par la voie de l’argumentation. Mais aussi, les autres religions du Livre et la philosophie. Sa vie fut ainsi un océan de savoir au cours de laquelle il écrivit de nombreux ouvrages. Dans cet extrait biographique, Les Joyaux d’Arabie vous propose de découvrir la noble vie de cheikh Al Islam Ibn Taymiyya.
Ibn Taymiyyah est né le au mois de Rabi‘ al-Awwal de l’année 661 de l’Hégire. Cette date correspond approximativement aux mois de janvier-février 1263 dans le calendrier grégorien. Certains spécialistes de sa biographie affirment qu’il est né le lundi 10 et d’autres, le 12. La ville dans laquelle il a vu le jour est la ville de Harran. Elle fait partie aujourd’hui de la Turquie, au sud-est, dans la province de Şanlıurfa, proche de la frontière syrienne. Le nom complet d’Ibn Taymiyya est : Ahmad ibn ‘Abd Al Halim ibn ‘Abd As-Salam ibn ‘Abd Allah ibn Abi al-Qasim ibn Muhammad ibn Taymiyya. Et sa kounya est Abu Al ‘Abbas.
Le nom de famille d’Ibn Taymiyah trouve, selon les auteurs, des origines diverses. C’est ainsi que l’imam Adh-Dhahabi rapporte :
« Le grand-père d’Ibn Taymiyya effectua le pèlerinage et sa femme était enceinte. Lorsqu’ils passèrent par Tayma (une ville située entre Médine et Tabuk), il vit une petite fille sortir d’une cachette. À son retour à Harran, il découvrit que sa femme avait donné naissance à une fille. En la voyant, il s’écria : “Ô Taymiyya ! Ô Taymiyya !” (signifiant qu’elle ressemblait à la petite fille qu’il avait vue à Tayma). C’est ainsi qu’il fut surnommé Taymiyya. »
Quant à Ibn an-Najjar, il rapporte quant à lui que :
« Il nous a été mentionné que la mère du grand-père de Muhammad s’appelait Taymiyya, et qu’elle était pieuse et donneuse de sermons. C’est de là que la famille tira son nom et qu’elle fut connue ainsi. »
En 667 H, les Tatars envahirent la ville de Harran. Par conséquent, sa famille fut contrainte de partir et chercha refuge à Damas. Là, il commença très jeune à étudier auprès des savants de la ville. Il excella rapidement et atteignit le rang des grands savants, apte à enseigner et à délivrer des fatwas avant même d’avoir vingt ans !

Au cours de sa jeunesse, Ibn Taymiyyah a entendu plusieurs fois le Musnad de l’imam Ahmad. Mais aussi, les six grands livres des sunnan. Parmi ses écoutes, il y avait le grand recueil de At-Tabarani. Il se consacra à plusieurs disciplines et activités :
Tout cela, alors qu’il n’avait qu’une quinzaine d’années. Les habitants de Damas étaient émerveillés par son intelligence, sa vivacité d’esprit, sa mémoire exceptionnelle et sa rapidité de compréhension.
Il arriva qu’un savant de la ville d’Alep se rendit à Damas. Il dit :
« J’ai entendu parler dans le pays d’un jeune garçon nommé Ahmad ibn Taymiyya, réputé pour sa mémoire rapide. Je suis venu dans l’espoir de le voir. »
Un tailleur lui dit :
« Voici le chemin menant à son école coranique. Il n’est pas encore revenu. Assieds-toi chez nous un moment, il passera en allant à l’école coranique. »
Alors, ce savant s’assit un moment et attendit. Le tailleur lui dit :
« Le garçon portant la grande tablette est Ahmad ibn Taymiyya. »
Le savant l’appela, et le garçon s’avança. Le savant prit la tablette et l’examina, puis dit :
« Mon fils, efface ceci pour que je te dicte quelque chose à écrire. »
Il lui dicta onze à treize hadiths, puis dit :
« Lis-les. »
Alors, il n’eut besoin que d’une seule lecture attentive pour les mémoriser. Le savant d’Alep lui demanda ensuite de les réciter et il les lut par cœur.
Puis le savant dit ensuite :
« Efface ceci »
Il le fit donc.
Puis il lui dicta plusieurs chaînes de transmission qu’il avait choisies. Le savant lui demanda de lire à nouveau, et Ibn Taymiyya fit de même que la première fois.
A ce moment-là, le savant se leva en disant :
« Si ce garçon vit, il aura un rang très élevé. Jamais je n’ai vu quelqu’un comme lui. »
La vie de ce noble érudit est jalonnée d’anecdotes qui montrent sa valeur et sa sagesse. Dès son enfance, il été clairement quelqu’un de différent de par son attitude et de par ses œuvres. Les deux histoires suivantes sont de parfaites illustrations de sa personnalité et de son rang.
Son père voulut un jour emmener ses enfants au jardin pour se promener. Il lui dit :
« Ô Ahmad, sors avec tes frères pour te détendre. »
Mais il refusa catégoriquement. Alors, son père insista, mais il persista.
Il dit :
« Je souhaite que vous m’exemptiez de sortir. »
Son père le laissa, et partit avec ses frères. A son retour il lui dit :
« Ô Ahmad, tes frères se sont ennuyés de ton absence aujourd’hui. Qu’est-ce que cela signifie ? »
Il répondit :
« Ô mon père, aujourd’hui j’ai mémorisé ce livre avec un autre livre qui l’accompagnait. »
Son père, étonné, lui dit :
« Tu l’as mémorisé ? »
Ibn Taymiyya lui fit alors la récitation complète. Son père le prit, l’embrassa entre les yeux et dit :
« Mon fils, ne dis à personne ce que tu as accompli, de peur qu’on te jalouse. »
Lorsqu’il était enfant, un juif dont la maison se trouvait sur le trajet de son école coranique, se dressait sur son chemin. Cet homme lui posait alors des questions sur la religion juive. Ibn Taymiyyah y répondait rapidement, et cela le surprenait beaucoup. En effet, à chaque fois, il lui apprenait des choses montrant l’inexactitude du judaïsme. Le juif finit par embrasser l’islam et devint un bon musulman toute sa vie.

Ibn Taymiyyah a étudié la science du hadith auprès de plus de 200 chouyoukhs parmi lesquels :
Un autre facteur ayant influencé son savoir fut l’achèvement de la bibliothèque islamique. En effet, elle était sur le modèle de la Sunna et était riche en livres. Ainsi, elle constitua un grand bénéfice dans la formation d’Ibn Taymiyyah qui eut accès à un vaste patrimoine réunissant :
Et bien d’autres catégories encore. La concentration de ces ressources en un même lieu facilita l’exercice de la recherche à Ibn Taymiyyah. Grâce à cette richesse documentaire, il put confronter les avis des savants antérieurs et approfondir sa compréhension des textes. La bibliothèque joua ainsi un rôle important dans l’élargissement de son horizon intellectuel. Elle était un environnement propice pour une personnalité comme lui qui cherchait toujours inlassablement à obtenir plus de savoir.
Quand il atteint l’âge de 20 ans, il prit la direction de la Dar al Hadith As-Sukkariyya à Al Qusa’inn. Il commença alors à donner des cours extraordinaires. Parmi ceux qui y assistaient figuraient :
Par ailleurs, il enseignait aussi le tafsir du Noble Coran. Et cela avait lieu le vendredi, dans la Grande Mosquée des Omeyyades. De fait, sa réputation se répandit dans toutes les régions et contrées du pays.
L’imam Ibn Taymiyya eut de nombreux élèves. Parmi les plus célèbres il y a :
Ce grand savant de l’islam est apparu dans une époque fortement marquée par des troubles. En effet, la venue des Tatars a provoqué la chute de la dynastie des abbassides en 656 H. Par conséquent, Bagdad tombée aux mains de l’ennemi ne rayonnait plus de ses savants. A ce propos, Ibn al ‘Athir a dit :
« L’Islam et les musulmans ont été éprouvés durant cette période par des calamités qu’aucune autre nation n’a connu : parmi elles, il y a les Tatars : certains sont venus de l’est et ont commis des actes dont quiconque en entend parler trouve effroyables. »
D’ailleurs, on pense qu’Ibn Taymiyya a pu être le témoin d’atrocités et de destructions. De plus, son époque est aussi celle de l’apparition de la quatrième croisade lancée contre les musulmans.
Les hordes tatares faisaient rage à cette époque. Nous étions alors dans les prémisses de ce que dans l’histoire nommera : la bataille de Shaqhab. Elle eut lieu pendant le mois de Ramadan, en 702 de l’Hégire (20 Avril 1303). Le sultan d’alors se nommait Nasir Muhammad ibn Qalawun. Ce dernier demanda à Ibn Taymiyyah de se tenir à ses côtés sur le champ de bataille. Mais il lui dit :
« La Sunna veut qu’un homme reste sous la bannière de son peuple. Nous faisons partie de l’armée du Sham, et nous ne nous tiendrons qu’avec eux. »
Il encouragea le sultan à combattre et annonça la victoire. Les émirs lui disaient alors :
« Dis : si Allah le veut »
Et il répondait :
« Si Allah le veut, de manière certaine, et non par formulation ».

Cheikh Al Islam permit aux soldats de rompre le jeûne pendant la bataille, et lui-même fit cela. De plus, il mangeait un peu comme l’indique la Sunna. Effectivement, Abu Sa’id Al Khudri, qu’Allah l’agrée, rapporte du Prophète, qu’Allah prie sur lui et le salue, qu’il a dit :
« Vous allez rencontrer l’ennemi demain, et rompre le jeûne vous donnera plus de force. »
[Rapporté par Abu Dawud].
Lors de cet événement historique, une personne du nom de Muḥammad ibn ‘Umar al Balsi était alors en compagnie du cheikh. Il l’accompagnait à ce moment-là devant le roi des Tatars, Mahmud Ghazan. ‘Umar al Balsi rapporte ce qui s’est dit durant leur entrevue. Ibn Taymiyyah s’est adressé au roi en disant :
« Tu prétends être musulman, et tu as avec toi, d’après ce qui nous est parvenu, un muezzin, un juge et un imam. Alors, pour quelle raison nous as-tu attaqués et es-tu entré dans nos terres ? Ton père et ton grand-père, Hūlāgū, étaient mécréants, et pourtant ils n’ont pas envahi les pays de l’islam. Au contraire, ils avaient conclu des pactes et les ont respectés. Toi, tu as conclu des pactes puis tu as trahi, tu as parlé sans tenir ta parole. »
Un repas fut alors présenté et tous en mangèrent, sauf Ibn Taymiyyah. Cela, car il ne voulait pas manger des bêtes pillées au musulmans ni profiter de leurs arbres coupés pour allumer le feu du repas.
Ghazan lui demanda ensuite de faire une invocation et il invoqua ainsi :
« Ô Allah ! Si Ton serviteur Mahmud ne combat que pour que Ta parole soit la plus haute, afin que la religion soit entièrement pour Toi, alors accorde-lui la victoire, soutiens-le et donne-lui la domination sur les terres et les serviteurs. Mais s’il ne combat que pour être vu et entendu, par recherche de la vie d’ici-bas, par désir de ce bas-monde, afin que sa propre parole soit la plus haute, et pour avilir l’islam et ses gens, alors saisis-le, ébranle-le, détruis-le et extermine-le jusqu’à la racine. »
Ibn Taymiyyah s’adressa une fois à Ghazan concernant la libération des prisonniers. Le roi des Tatars permit alors la libération des prisonniers musulmans mais pas celle des chrétiens. Sur quoi, le cheikh dit qu’ils allaient eux libérer les juifs et les chrétiens. Un certain nombre fut ainsi libéré en tant qu’action de bienfaisance. En faisant cela, il était en réalité en train de mettre en pratique la Parole d’Allah :
{ Et offrent de la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier. }
[Sourate Al Insan, verset 8].
Cet éminent savant de l’Islam était réputé pour son ascétisme, son détachement des biens matériels et son souci du bien commun. Mais aussi, pour son sens de la justice, son humilité et sa capacité à conseiller avec clarté et bienveillance. Sa vie a marqué de nombreux hommes parmi ses contemporains. Ainsi, ils ont rapporté de lui des témoignages édifiants concernant ses nobles traits de caractère mais aussi concernant son apparence.
L’imam Adh-Dhahabi qui a écrit une biographie de sa vie rapporte :
« Ibn Taymiyya était de teint clair, avec des cheveux et une barbe noirs et peu de cheveux gris. Ses cheveux arrivaient jusqu’au lobe de ses oreilles. Ses yeux semblaient deux langues parlantes. Il avait une taille moyenne, les épaules larges, une voix forte et sonore, un langage éloquent et lisait rapidement. »
Tous ceux qui ont vu Abu Al ‘Abbas disent qu’ils n’ont jamais vu quelqu’un autant détaché du monde. Effectivement, aucun autre savant n’a été aussi satisfait de peu de choses dans ce monde. Il ne fut jamais avide de dinars ou de dirhams, ne convoita pas de bêtes ou de vêtements luxueux. Il ne chercha pas non plus à obtenir des positions de pouvoir. Et pourtant, les rois, les émirs, les commerçants et les nobles étaient à sa disposition. Aussi, il donnait l’aumône autant qu’il le pouvait. Sinon, il enlevait un vêtement dont il avait besoin pour le donner à un pauvre. Il partageait aussi le peu de nourriture qu’il avait, offrant un ou deux pains aux nécessiteux.
Le cheikh consacrait la majeure partie de son temps à l’adoration. La nuit passée, lorsqu’il se joignait aux gens, il commençait par la prière du Fajr, accomplissant sa Sunna avant eux. Quand il entrait dans la prière, la piété se faisait sentir dans son attitude. Ses membres tremblaient. Aussi, il disait :
« Il m’arrive de rester préoccupé par une question ou une situation qui me trouble. Alors, je demande pardon à Allah mille fois ou plus, ou parfois moins, jusqu’à ce que mon cœur s’apaise et que le problème soit résolu. Je peux être alors au marché, à la mosquée, sur le chemin ou à l’école. »
Son élève l’imam Ibn al Qayyim, rapporte qu’il lui a dit :
« Je ne laisse jamais le dhikr, sauf pour me reposer afin de préparer mon cœur à un autre dhikr. »
Ibn Taymiyyah été doté d’une mémoire incroyable. En effet, il était capable de lire un livre une seule fois et tout s’imprimait dans son esprit. Lors de sa première épreuve en Égypte, il rédigea plusieurs livres, petits et grands. Il y mentionna tout ce qui devait être mentionné :
Il attribua chaque élément à ses transmetteurs et à ceux qui l’avaient dit, en donnant leurs noms. De plus, il indiqua les livres où ils avaient été mentionnés ainsi que la page ou le passage correspondant. Tout cela sortait de sa tête, car il n’avait alors aucun livre sous les yeux pour consulter.
L’imam de la Sunna a écrit une lettre qui exprime sa satisfaction face au décret de divin. Il y dit :
« Je suis en paix, et mes yeux sont en paix, les plus paisibles qu’ils aient jamais été. Nous jouissons de grandes bénédictions, innombrables et incomptables. Et louange à Allah, d’une louange abondante, pure et bénie. Tout ce qu’Allah décrète contient le bien, la miséricorde et la sagesse. Certes, mon Seigneur est Compatissant dans ce qu’Il veut. Il est le Fort, le Tout-Puissant, l’Omniscient, le Sage. Aucun mal ne frappe quelqu’un, sauf à cause de ses propres péchés. Allah dit : “Tout bien qui t’atteint vient d’Allah, et tout mal qui t’atteint vient de toi-même. Nous t’avons envoyé comme Messager aux gens, et Allah suffit comme Témoin.” Le serviteur doit donc toujours remercier et louer Allah en toutes circonstances, et demander pardon pour ses péchés. »
Dans la noble vie du cheikh, il arriva une fois qu’un de ses pires ennemis s’en prit à lui. Il s’agissait en réalité de ‘Ali ibn Ya’qub al Bakri qui était juriste. Cet événement se passa au Caire en Egypte, pays de nombreux savants, et ses vêtements furent déchirés. Ce juriste le somma alors de venir chez le juge pour un procès. Mais alors, la foule se rassembla et il s’éloigna. Les autorités cherchèrent à arrêter ‘Ali al Bakri mais il s’enfuit. Selon d’autres, cette affaire provoqua un scandale, et certains voulurent venger Ibn Taymiyyah contre al Bakri. Mais il ne voulut pas cela. Par ailleurs, le juge malikite Ibn Makhlouf a dit :
« Nous n’avons jamais vu quelqu’un comme Ibn Taymiyyah. Nous l’avons provoqué et cherché à lui nuire, mais nous n’avons pu l’atteindre. Quand il avait le pouvoir sur nous, il nous pardonnait et plaidait en notre faveur. »
Ibn Taymiyya a dit :
« Ma poitrine est large face à ceux qui me contredisent. Même si ces personnes dépassent les limites d’Allah par la proclamation de la mécréance, l’accusation de péché, la calomnie ou par des attitudes de tribalisme ignorant. Moi, je ne dépasse pas les limites d’Allah en cela. Je contrôle ce que je dis et ce que je fais. J’évalue mes paroles et mes actes à la balance de la justice. Et je les confronte toujours au Livre qu’Allah a révélé. »

De nombreux grands savants de son époque ont unanimement loué Ibn Taymiyya. Cela, en vertu de l’étendue de son savoir, de sa force d’argumentation et de sa recherche de la vérité. Ils ont reconnu en lui un érudit exceptionnel, maîtrisant les sciences religieuses. Leurs éloges soulignent également son influence durable et son rôle majeur dans le renouveau islamique.
Ibn Daqiq a dit :
« Lorsque j’ai rencontré Ibn Taymiyya, j’ai vu un homme qui avait toutes les sciences sous les yeux. Il prenait ce qu’il voulait et laissait ce qu’il ne voulait pas. »
As-Sabki l’a loué en ces mots :
« Par Allah, seul un ignorant ou quelqu’un guidé par sa passion peut détester Ibn Taymiyyah. L’ignorant ne sait pas ce qu’il dit, et l’homme guidé par sa passion est détourné de la vérité après l’avoir connue. »
Le célèbre érudit Ibn Rajab a loué ses mérites en disant :
« Les savants, les pieux, les soldats, les émirs, les commerçants et le peuple en général aimaient Ibn Taymiyya. Cela, car il était constamment engagé dans leur bien, nuit et jour, par sa langue et son savoir. »
Ibn Kathir rapporte un fait incroyable sur le niveau du cheikh en disant :
« Tout savant compétent dans une discipline scientifique qu’il rencontrait pensait immédiatement que cette discipline était celle de Ibn Taymiyyah. Car il le voyait maîtriser parfaitement ce domaine. Quant aux hadiths, il les mémorisait tant dans leur texte que dans leur chaîne de transmission. Il distinguait le Sahih du da‘if, connaissait les narrateurs et s’y était profondément instruit. »
Ibn ‘Abd Al Hadi a dit quant à lui :
« Il n’y avait presque aucun livre ou domaine scientifique sur lequel il ne se fût penché. Allah l’avait doté d’une mémoire rapide et d’une faible propension à oublier. Qu’il lise ou entende quelque chose, il s’en souvenait soit dans ses termes exacts, soit dans le sens. La science faisait partie intégrante de lui, comme si elle était mêlée à sa chair et à son sang. »
De nombreux savants ont considéré Ibn Taymiyya comme le revificateur de son époque. Cela, conformément au hadith selon lequel Allah envoie à cette communauté un revificateur à chaque siècle. Et effectivement, de par son vaste savoir, il a œuvré à ramener les musulmans aux fondements authentiques de l’islam. Il a clarifié la croyance, ravivé l’attachement aux textes, et réformé la compréhension de nombreux sujets religieux. Son influence durable sur la pensée islamique témoigne de ce rôle de renouveau qu’il a pleinement incarné.
Ibn Taymiyyah fut emprisonné à plusieurs reprises par les autorités mameloukes, sous l’influence de certains juges et savants officiels. Cela eut lieu principalement au Caire et à Damas. Les raisons de ces emprisonnements étaient liées à ses prises de position religieuses :
Les historiens sunnites rapportent qu’il fut emprisonné environ six à sept fois au cours de sa vie. Il le fut pour des durées variables, allant de quelques mois à plusieurs années. Malgré l’emprisonnement, il continua à enseigner, à dicter et à écrire. Jusqu’à ce que l’on lui interdise même le papier et l’encre peu avant sa mort.
Cheikh Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, est décédé en prison en l’an 728 H dans la citadelle de Damas. Son décès eut lieu durant la nuit du lundi, le vingtième jour de Dhu al Qi’da. Il était alors âgé de 67 ans.
Le cortège funèbre de l’imam Ibn Taymiyya fut conduit à la mosquée de Damas à l’heure de la prière du Dhuhr. Son frère ‘Abd Ar-Rahman dirigea la prière sur lui Ce jour-là fut mémorable et sans précédent à Damas. Les gens pleuraient abondamment, la foule devint dense. On a dit que le nombre de personnes dépassait les cinq cent mille. Le cercueil avançait et reculait à travers la foule. On sortit par Bab Al Faraj et les gens suivaient le cortège. Puis, il fut enterré au moment du ‘Asr, ou peu avant, aux côtés de son frère Sharaf ad-Din ‘Abdullah. Son corps repose dans le cimetière soufi de la ville.
Les écrits d’Ibn Taymiyya se comptent par centaines. Nous en citons quelques-uns ici :
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